
Le premier jour, j’étais enthousiaste. Le quinzième, dubitatif. Le trentième, j’avais compris quelque chose d’important sur la pizza — et sur moi-même.
30 jours. 30 pizzas. 1 règle : une pizza par jour, tous les jours, sans exception.
Voici ce qui s’est passé.
Les règles du défi
Avant de commencer, j’ai posé un cadre. Pas question de manger n’importe quoi.
- Une pizza par jour, au déjeuner ou au dîner
- Pizzas variées : napolitaines, romaines, françaises, surgelées
- Taille individuelle (30-33 cm maximum)
- Pas de restriction sur la garniture
- Les autres repas restent normaux et équilibrés
- Suivi du poids, de l’énergie, de la digestion
Je pesais 78 kg au départ. J’allais à la salle trois fois par semaine. Mon alimentation était relativement saine.
Le défi a commencé un lundi de septembre.
Semaine 1 : L’euphorie
Les premiers jours furent glorieux.
Jour 1 : Margherita dans une pizzeria napolitaine. Pâte aérienne, tomates parfumées. J’étais au paradis.
Jour 3 : Pizza aux quatre fromages. Peut-être un peu lourd, mais tellement bon.
Jour 5 : Je découvre une pizzeria romaine que je ne connaissais pas. La pâte croustillante me réconcilie avec un style que je sous-estimais.
Jour 7 : Premier bilan. Poids stable. Énergie normale. Aucun problème digestif.
Conclusion de la semaine 1 : Manger une pizza par jour quand ce sont de bonnes pizzas, c’est parfaitement gérable.
Semaine 2 : Les premiers doutes
L’enthousiasme commence à faiblir.
Jour 9 : Je réalise que je dois varier les pizzerias. Ma préférée est à 20 minutes. Les jours pressés, je me rabats sur ce qui est proche.
Jour 11 : Première pizza surgelée du défi. Comparée aux jours précédents, c’est décevant. Mais je tiens la règle.
Jour 12 : J’ai envie d’autre chose. Un pad thaï. Un couscous. N’importe quoi sauf une pizza. Je mange ma pizza quand même.
Jour 14 : +0,8 kg sur la balance. Pas dramatique, mais notable.
Conclusion de la semaine 2 : Le corps s’adapte, mais l’esprit résiste. La monotonie est le vrai ennemi.
Semaine 3 : L’adaptation
Quelque chose change.
Jour 16 : Je commence à développer un palais. Je distingue instantanément une bonne pâte d’une pâte médiocre. La fermentation, l’hydratation, la cuisson — je « sens » tout ça maintenant.
Jour 18 : Je découvre que certaines garnitures me conviennent mieux que d’autres. Les pizzas légères (Margherita, Marinara, légumes) me laissent énergique. Les pizzas chargées (4 fromages, charcuteries) m’alourdissent.
Jour 20 : Je deviens exigeant. Je refuse de « gaspiller » mon unique pizza du jour sur une pizza médiocre. Je fais des détours pour trouver de la qualité.
Conclusion de la semaine 3 : Quand vous êtes obligé de manger quelque chose tous les jours, vous devenez expert malgré vous.
Semaine 4 : La révélation
Les derniers jours apportent une clarté inattendue.
Jour 24 : Je mange une pizza dans une chaîne de livraison. Après trois semaines de vraies pizzas, c’est presque immangeable. Le contraste est brutal. Je ne pouvais pas faire cette comparaison avant le défi.
Jour 26 : Mon corps a trouvé son équilibre. Poids stabilisé à +1,2 kg par rapport au départ. Énergie correcte les jours de pizzas légères, un peu basse les jours de pizzas lourdes.
Jour 28 : Je me surprends à commander une Marinara — tomate, ail, origan, huile d’olive, sans fromage. Et à l’adorer. Moi qui ne jurais que par les 4 fromages avant le défi.
Jour 30 : Dernière pizza. Une Margherita, dans la même pizzeria qu’au jour 1. Boucle bouclée.
Les chiffres finaux
Poids : +1,2 kg (78 → 79,2 kg)
Énergie moyenne (auto-évaluée sur 10) : 7/10 les jours de pizzas légères, 5/10 les jours de pizzas chargées
Problèmes digestifs : Aucun avec les pizzas artisanales longue fermentation. Quelques ballonnements avec les pizzas industrielles ou à la levure rapide.
Dépenses : 387 euros sur 30 jours (moyenne de 12,90€ par pizza)
Pizzerias découvertes : 14 nouvelles adresses
Ce que j’ai vraiment appris
Leçon 1 : La qualité de la pâte est tout.
Avant le défi, je regardais d’abord la garniture. Maintenant, je regarde le bord. Une pizza avec un cornicione magnifique sera bonne même avec trois ingrédients. Une pizza avec un bord plat et dense sera décevante même couverte de truffe.
Leçon 2 : Le corps s’adapte mieux qu’on ne le croit.
Je m’attendais à prendre 5 kg et à me sentir horrible. En réalité, avec des portions raisonnables et des pizzas de qualité, l’impact est modeste.
Leçon 3 : La variété vient de la pâte, pas de la garniture.
Une Margherita napolitaine et une Margherita romaine sont deux plats complètement différents. Une 4 fromages de pizzeria et une 4 fromages surgelée n’ont rien en commun. La pâte fait le plat.
Leçon 4 : On devient ce qu’on mange régulièrement.
30 jours de pizza m’ont transformé en amateur éclairé. Je ne peux plus manger une mauvaise pizza sans grimacer. C’est une bénédiction et une malédiction.
Leçon 5 : La pizza n’est pas un plaisir coupable.
Après 30 jours, je n’ai développé ni addiction, ni dégoût, ni problème de santé. La pizza, dans sa version artisanale, est un aliment comme un autre. Un bon aliment, même.
Et après ?
Le jour 31, j’ai mangé un poké bowl. Par curiosité plus que par envie.
Le jour 32, j’ai mangé une pizza. Par envie, pas par règle.
Le jour 40, j’étais revenu à un rythme naturel : deux ou trois pizzas par semaine.
Le défi m’a appris à aimer la pizza différemment. Plus consciemment. Plus exigeamment. Plus sereinement.
Si quelqu’un me demande aujourd’hui combien de pizzas on peut manger par semaine, je réponds : autant qu’on veut, si ce sont les bonnes.
—
Image principale recommandée :
- Dimensions : 1200x675px minimum (ratio 16:9)
- Contenu suggéré : Calendrier avec 30 jours marqués, une pizza différente illustrée chaque jour
- Alternative : Personne souriante avec une pizza, avant/après suggéré subtilement
- Balise meta : max-image-preview:large