Ces pizzas qu’on ne trouve qu’en hiver (et c’est bien dommage)

Posté le janvier 23, 2026

Janvier. Il fait nuit à 17h30, et dans certaines cuisines, la buée monte sur les vitres dès qu’on lance le four. Le radiateur ronfle, la lumière est douce, tout invite à rester à l’intérieur. J’ai testé trois recettes de pizza hier soir parce que ma fille de 12 ans m’a demandé « quelque chose de chaud mais pas une énième soupe ». Un vrai moment partagé qui n’a rien d’exceptionnel en hiver, mais qui change tout le reste de la soirée.

La pizza d’hiver, ce n’est pas la margherita d’août qu’on dévore sur une terrasse. C’est une comfort food, une alchimie de convivialité et de gourmandise – version cocooning, bien sûr. Plus dense, plus généreuse, avec cette capacité à transformer des légumes racines ou oubliés en moment de grâce culinaire. Depuis décembre, j’ai dû en faire une bonne quinzaine, et trois-quatre trucs font vraiment la différence, même quand on improvise.

Ce qui fait une vraie pizza d’hiver

D’abord, oubliez la tomate. Ou du moins, ne vous sentez pas obligés. Quand les envies vont à des plats rassurants, la pizza blanche devient votre meilleure alliée. Les soirs de fatigue, on s’accroche à sa base : crème fraîche épaisse (18 % minimum, pas cette pseudo-crème liquide qui s’échappe dès le four chaud), un peu d’huile d’olive pour l’onctuosité, et vous tenez votre fondation. Dans les familles, il arrive que chacun rajoute sa touche : une pincée de muscade ou un peu de poivre blanc, chacun son rituel.

Les légumes : potimarron rôti à 180°C pendant 25 minutes, chou kale juste tombé à la poêle avec de l’ail ou même du tamari pour les amateurs, champignons de Paris revenus jusqu’à ce qu’ils rendent leur eau puis qu’ils caramélisent légèrement – certains ajoutent du thym frais à la dernière minute. J’ai essayé les pommes de terre en tranches fines (style Boulangère) sur une pizza : ça marche, mais il faut les cuire 10 minutes (pas plus !) avant dans l’eau bouillante, sinon elles restent croquantes et un peu trop fermes sous la dent : c’est pas toujours évident d’anticiper.

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Côté fromage, c’est lui qui prend le devant de la scène, loin du rôle de simple fondant. Fromage à raclette en lamelles, reblochon finement taillé, miettes de Gorgonzola (attention, 80g suffisent pour une pizza de 30cm), Emmental râpé pour la touche gratinée, roquette fraîche à la sortie du four pour la fraîcheur. Jambon de Parme en morceaux irréguliers, déposé sur la pizza dès qu’elle sort pour qu’il garde son moelleux. Mon mélange de prédilection ? Crème fraîche + Parmigiano Reggiano râpé + quelques morceaux de Gorgonzola + roquette. Il y a là une harmonie sucré-salé, un équilibre sel-amertume-piquant qui marche à tous les coups et qui évoque flocons et montagnarde sans en faire trop.

La technique, parce que ça compte vraiment

La pâte… On pourrait croire que c’est secondaire, mais tout le monde ne vous dira pas ça. J’ai longtemps fait l’erreur de vouloir une pâte ultra-fine « comme en Italie ». Pour l’hiver, une pâte un peu plus épaisse (3-4mm) supporte mieux la garniture généreuse, et apporte ce côté moelleux-croustillant typique du comfort food qu’on cherche.

220°C. Pas 200°C, pas 240°C. 220°C pendant 12-14 minutes avec la pizza posée sur une pierre (ou, à défaut, une plaque en métal retournée, préchauffée 30 minutes). Cette température assure une cuisson homogène – la pâte doit cuire aussi vite que le dessus, et c’est presque un culte pour les amateurs. Certaines marques développent même des gammes spéciales pour la pizza d’hiver. D’ailleurs, l’impact de la cuisson à l’étuvée sur la digestibilité des légumes, ça change tout.

J’ai investi dans une pierre de cuisson en céramique il y a deux hivers. 45€. Meilleur achat culinaire de l’année, sans hésitation. La chaleur se diffuse de façon uniforme, le dessous devient parfait sans surveillance, même lors des soirées cocooning où tout le monde attend devant le four.

Pour les légumes qui contiennent beaucoup d’eau (courges, champignons), cuisson préalable obligatoire. Feu doux, 25-30 minutes, avec un filet d’huile et du sel. Ils perdent 30 % de leur volume mais gagnent en intensité : le goût est plus marqué, et la pizza reste bien sèche sur le dessous.

Notre avis après quinze pizzas hivernales

La pizza « raclette » qu’on voit partout sur les blogs culinaires ? Honnêtement, difficile d’être séduit. Fromage à raclette, lardons, pommes de terre, oignons : ça fonctionne, mais c’est lourd. Très lourd, même pour les habitués des plats de montagne. Rien à voir avec les versions plus montagnardes, inspirées sans copier la raclette.

Ce qui marche vraiment (et parfois surprend les invités) : une inspiration montagnarde sans recopier les fêtes. Crème, jambon de Parme déchiré (pas de chiffonnade parfaite mais des morceaux irréguliers), reblochon, sauge fraîche ciselée après cuisson, coup de moulin à poivre. L’esprit Savoie reste là, mais avec plus de subtilité, plus d’équilibre acido-basique. Le parfum de sauge réveille la générosité du fromage, et certains trouvent que ça évoque les dîners post-Noël en montagne plus qu’une pizza classique.

J’ai aussi testé la version Gorgonzola-kale-noix qui circule depuis la Journée Internationale de la pizza (mi-janvier). Verdict : étonnamment équilibré, à condition que le Gorgonzola reste discret (60g maximum) et qu’un filet de miel vienne relever le tout à la sortie du four. Le miel n’est pas ici une coquetterie Instagram, mais une note sucrée-salée qui adoucit le piquant du fromage bleu et rappelle la tradition du partage familial.

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Les associations qui surprennent

Pizza blanche champignons : base crème fraîche, champignons de Paris revenus avec thym, mozzarella, Pecorino râpé. À la sortie : huile d’olive, persil plat ciselé grossièrement. Simple, réconfortant, végétarien sans que ça se remarque vraiment – c’est clairement pas pour tout le monde, mais les amateurs ne la lâchent plus.

Pizza courge-sauge-jambon : potimarron rôti, crème, mozzarella bufflonne (si le budget suit, sinon mozzarella classique égouttée), jambon cru ajouté après cuisson, sauge frite 10 secondes dans l’huile d’olive chaude. La sauge frite devient croustillante, le jambon reste fondant. Texture contre texture, c’est ce qui fait le jeu sur une pizza d’hiver.

Version « légumes oubliés » : panais râpé fin rôti 15 minutes, topinambours en lamelles, oignon rouge, Cabécou de Rocamadour, miel au thym. C’est une question de temps (tout doit être pré-cuit), mais le résultat surprend les convives qui pensaient connaître la pizza d’hiver – il arrive que le repas devienne un vrai moment festif, où chacun partage ses astuces. Certain·es ajoutent quelques éclats de noix pour rehausser les saveurs, renforçant la valeur calorique et la satiété, sans alourdir le plaisir.

L’accompagnement, parce qu’on ne vit pas que de pizza

Une salade croquante, vinaigrette moutarde-miel. Mâche, pourpier (si dispo), endives émincées, noix concassées : la mâche et l’amertume légère aident à compenser la richesse de la pizza, surtout s’il y a beaucoup de fromage. C’est le bon équilibre acido-basique dont on néglige trop souvent la valeur.

Ou alors une petite soupe en entrée. Velouté de chou-fleur, crème et huile de noisette. 20cl par personne, juste le temps de se réchauffer et de préparer l’estomac. Certains alternent avec une plancha de légumes, histoire de diversifier le partage convivial autour de la table.

Pour le dessert, direction la légèreté obligatoire. Panna cotta légère au cassis (celle de Rians fonctionne bien), ou salade d’agrumes au miel pour du frais. Les soirs où j’ai servi fondant au chocolat après une pizza montagnarde, personne n’est allé au bout : niveau de satiété inégalé, on le tient ! Franchement, mieux vaut rester sur un dessert acidulé.

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Questions pratiques qu’on me pose

Congeler ou pas ? Oui, mais avant cuisson. Préparez les pizzas, congelez-les crues sur une plaque, puis emballez-les individuellement. Cuisson directe au four à 220°C, comptez 16-18 minutes au lieu de 12. La surgélation, c’est aussi une solution pour les soirées improvisées, ou pour servir à une occasion festive sans stress.

Digestibilité ? La pizza blanche passe généralement mieux que la version tomate pour les estomacs sensibles. Et les légumes rôtis sont plus digestes que les légumes crus : d’ailleurs, la cuisson douce améliore le bien-être digestif pour pas mal de convives. Envie d’un résultat encore plus léger ? Ajoutez une pincée de bicarbonate dans la pâte (1g pour 500g de farine), la différence est subtile mais appréciée.

Version sans gluten ? Les farines de riz + sarrasin (50/50) s’en sortent bien, même si la texture reste différente – plus friable, moins élastique. Un ajout de 5g de gomme de xanthane compense un peu le manque de gluten ; le résultat est variable selon les marques et les méthodes. Certains utilisent aussi des farines à base de graines, mais l’essai n’est pas concluant à chaque fois.

Ce qui reste jusqu’au printemps

Mars arrive, les jours rallongent, mais les soirées restent fraîches encore longtemps. La pizza d’hiver garde tout son sens jusqu’à fin mars, début avril. Quand les premières asperges pointent le bout de leur nez, impossible de s’y tromper : la saison des pizzas d’hiver se termine alors, mais l’esprit du partage autour de la pizza reste vivant.

D’ici là, il y a une belle marge pour se lancer dans une quinzaine de variantes. Pas besoin d’être Cyril Jean ou Edda de Météo à la Carte pour réussir une bonne pizza hivernale, ni de posséder les casseroles Baumstal ou d’aller jusqu’à Nyons chercher de l’huile. Ce qu’on oublie parfois, c’est que l’hiver aime la générosité : un fromage qui rassure, des légumes avec du caractère, parfois un peu de charcuterie ou de saumon fumé qui réveille les papilles, et quelques éclats de noix pour la touche croquante. L’idée de la pizza comme plat festif post-fêtes prend sens, et le partage intergénérationnel se fait presque naturellement.

Et un four à 220°C. Toujours.

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